Jean-Marc Duchesne, imprimeur offset

Autrefois le moyen le plus efficace de produire des impressions, les petites imprimeries offset ont rapidement été remplacées avec l'avènement des presses numériques plus simples et moins couteuses à opérer. Regard sur un métier qui, doucement, tant à disparaitre.

L'odeur âcre des solvants prend la gorge dès le seuil de la porte franchi. Des pots d'encres usées sont dispersés sur des tablettes accrochées aux murs. Jean-Marc, imprimeur depuis 1965, m'accueille dans son atelier.

Reliques d'une époque passée, d'énormes machines encombrent l'endroit. Deux sont en fonction; d'autres reposent sous des bâches en plastique les protégeant de la poussière. Le bruit des rouages en métal se mêle au son de la radio transistor au fond de la pièce.

Les imprimantes offsets, utilisant des plaques de métal gravées par un procédé chimique semblable à celui de la photographie argentique, n'est presque plus visible dans le milieu des imprimeries. Seules les compagnies ayant des volumes d'impressions très grands, comme les imprimeries de journaux, en font encore usage.

Les plus petits joueurs se sont aujourd'hui tournés vers la technologie des presses numériques, qui n'a pas besoins de la même expertise en mains d'oeuvre que l'offset et qui permet des roulements beaucoup plus petits et rapides.

Même les imprimeries de journaux commencent à se tourner vers le numérique, permettant des tirages complets en couleur sans avoir les coûts liés au quatres plaques (noir, cyan, jaune et magenta) qu'il faut pour sortir en offset ces mêmes tirages.

Alors pourquoi M. Duchesne utilise-t-il encore ces machines anciennes, plus couteuses et plus laborieuses pour des résultats similaires?

L'offset pour Jean-Marc est une passion. La même passion qu'un ébéniste a pour sculpter le bois de ses mains. La même passion qu'un peintre a pour ses tubes de couleurs.

Travailler avec ses mains. Se salir. Fabriquer quelque chose de tangible. Pas seulement appuyer sur un bouton et laisser l'informatique faire le travail.

Jean-Marc crée.

Et il continuera de le faire, jusqu'à ce qu'il n'en soit plus capable. Parce qu'il conserve un métier. Un mode de vie. Un art.

Et il ne ferait rien d'autre.