À qui s'adresse le World Press?

Jhon Stanmayer/VII for National Geographic (utilisé sans aucune permission)

Jhon Stanmayer/VII for National Geographic (utilisé sans aucune permission)

Si vous lisez mon blog, vous l'avez certainement déjà vue.
L'image gagnante du World Press cette année.

M. Jhon Stanmeyer a gagné le premier prix du World Press avec cette photo d'un groupe de migrants africains au Djibouti tentant de capter un faible signal téléphonique pour enfin parler à leurs familles ou amis en Somalie, en Éthiopie ou en Érythrée.

L'image montre une sorte de globalisation de l'humanité. Chacun de nous a déjà eu envi de parler à ses proches alors qu'on se trouvait loin de chez nous. Et c'est vrai pour les migrants africains. Surtout pour eux.

J'ai appris la nouvelle sur la page Facebook de Ici Radio-Canada.
Un interne ou quelque chose comme ça qui s'en occupe avait partagé l'article de Radio-Canada/CBC de leur site d'information sur les photos primées au célèbre (l'est-il vraiment?) concours internationnal de photojournalisme.

Tout de suite après avoir lu l'article et regardé les photos horriblement tronquées, je suis allé lire les commentaires sur la page de Radio-Can' sur Facebook.

Là, je ne veux pas avoir l'air d'avoir trop de préjugés, mais il me semble que ceux qui préfèrent "liker" la page de Radio-Canada plutôt que celle du Journal de Montréal devraient être plus curieux culturellement.

Ou en tous cas, ils devraient être un peu moins cons.

Je ne retrouve plus le "post" de notre média national, j'aurais du faire des captures d'écran de ce que j'ai lu.

À 99%, voici ce que j'ai lu:
"Maudits cellulaires, pas capables de regarder la lune sans la prendre en photo!"
"C'est une belle photo, mais je ne vois pas ce qu'elle a de spécial."
"La photo est nulle, on ne comprend rien sans avoir lu la description! Le jury doit vraiment être mauvais!"

J'aurais répondu aux premiers qu'ils devraient lire le contexte de l'image avant de commenter.
Aux deuxièmes, la même chose.
Et aux troisièmes, je leur aurais dit de la relire.

Ça aurait donné quoi?
J'ai rien dit.

J'ai juste espéré qu'ils y repensent et écoutent un peu leur coeur.

Mais à qui s'addresse le World Press si même le monde qui "like" Radio-Can' ne sont pas capable de le comprendre?

Les seuls endroits où j'ai vu des commentaires appréciatifs des images gagnantes, c'est sur des sites comme le blog photographique de New York Times. Là où se tiennent des photographes.

Le World Press est-il un concours pour se féliciter entre photographes? Que seuls les photographes ou les journalistes arrivent à apprécier vraiment?

Les gens normaux viennent-ils seulement pour voir la toujours présente "Man-with-a-gun" avec un nom d'un pays loin de l'Occident écrit à côté sur un bout de carton?

Viennent-ils seulement pour quelques sensations fortes?

Et le Djibouti, qui a une idée de où ça se trouve?

C'est le pays en rouge.

C'est le pays en rouge.

Olivier Sylvestre

Edit:

L'histoire de l'image, par le photographe.

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